Que retenir des chiffres de l’obersavatoire de l’ePub SRI- UDECAM-PWC 2016?

Le 17eme observatoire de l’ePub SRI- UDECAM-PWC 2016 a jeté un gros froid. Et consacré la mainmise sur le marché publicitaire de Google et Facebook, en quasi situation de duopole.

L’article de Viuz à ce sujet résume assez bien la situation.

Un peu comme l’allégorie de la grenouille cuite à petit feu, les annonceurs et les agences se réveillent et ne peuvent que constater leur vulnérabilité. L’accoutumance à Google et Facebook nous a tous rendu dépendants, de leur systèmes, de leur technologie, de leur data, de leur espace média. Et le rythme effréné de rachats, d’innovations de la silicon valley, conjugué à la puissance de leur lobbying, rend toute tentative de les contrer difficile. On voit mal comment l’Udecam va pouvoir revenir en arrière sur cette situation, et empêcher que ne « s’établisse un nouveau duopole numérique.” qui existe de fait et capte l’essentiel des budgets digitaux de ceux qui le dénonce mollement.

Si tout n’est pas à jeter, voilà ce qu’on peut analyser d’autres dans ce rapport :

  • que certes, les investissements digitaux français sont plus élevés que les investissements TV, mais que l’essentiel des budgets est encore pour longtemps dépensé en TV, presse, affichage et radio.
  • que le display décroit, malgré la « (r)évolution » programmatique (>50% des achats display désormais). Une (r)évolution qui ne crée par de croissance en fait, puisque hors social et hors mobile, c’est la débandade. Le programmatique a plus procédé du grand remplacement de la distribution de la valeur du display, vers l’adtech, et non vers les annonceurs, je ne parle pas du consommateur, qui en est réduit à installé des adblockers.
  • que malgré tout, il reste un fossé entre investissements média et usages sur le mobile. Comme si après toutes ses années, les annonceurs n’avaient pas pris la mesure des nouveaux usages médias, et de la puissance du smartphone, pour ne privilégier qu’une expérience propre au desktop, et donc fatalement perdante.

et ce qu’on n’y voit pas et serait bon de mettre sur la table au lieu de pousser des cris d’orfraie et de résigner un OI sur facebook en même temps:

  • le place des chatbots et autres robots dans ces chiffres, avant qu’on ne découvre que ce sont des robots qui « discutent » et « voient » les pubs, et « achètent » en ligne.
  • pourquoi le social séduit à ce point les annonceurs alors que les scandales s’amoncellent au dessus de Facebook, dont les métrics sont soumis à question.
  • comment garantir une transparence, alors même que  Google n’est plus compatible avec la norme MRC, et que ca ne semble émouvoir personne
  • ce qui doit être fait pour tenir compte de la fronde des consommateurs face à la publicité
  • et enfin, comment se fait il que Facebook ou Google soient encore considéré comme des plateformes (comprenez hébergeurs de contenus) alors qu’ils sont des médias (et çà, çà changerai beaucoup de choses).

Bref, le digital est toujours à inventer et de nombreux défis sont à surmonter….

 

 

 

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En vrac : Uber épinglé, Google discrédité, Facebook collapsé

Sélection d’articles forcément pas neutres (mais comme les algorithmes sont eux aussi orientés alors…)

Baisse drastique du partage sur Facebook. Vu sur Viuz. Au UK on parle d’une chute de 32% sur l’année selon digiday, suivie d’une baisse de 20% de Janvier à Mars 2016. Ca s’appelle le Context Collapse parait il. Donc sur Facebook l’organic reach est quasi nul, le partage faiblit et donc l’engagement aussi, le dark social se développe (en réponse à l’intrusion publicitaire permanente et au siphonnage des données perso?), les metrics fournit par FB sont faux, les chatbots postent des fakenews,… mais tout va bien, vu que les annonceurs continuent de penser qu’il suffit de dépenser pour ne plus y penser.

Google n’est plus accrédité MRC sur ces outils publicitaires. Lu sur Business Insider. Cela pose des questions quand mêmes quant à la mesure des impressions publicitaires de la part de l’acteur leader. A priori ce n’est pas résolu. Mais bizarrement ca n’a pas fait de remous… ah oui c’est vrai, une pub servie mais pas vue est quand même facturée à l’annonceur. C’est bon pour les profits.

Uber: 20 millions de dollars pour avoir surestimé les revenus des chauffeurs. Vu sur Frenchweb. Non seulement ils perdent de l’argent, mais en plus ils mentent à leurs employés chauffeurs. Ces gens n’ont pas d’éthique. Heureusement aux US, il suffit de payer pour que les poursuites soient abandonnées. Compte tenu de leurs pertes, 20 millions de plus ou de moins…

Les confessions d’un vétéran du digital sur les marges arrières du Programmatic buying. Lu sur Digiday. A savourer lentement. Comme quoi la loi Sapin a du bon, même si elle est imparfaite.

 

 

Bienvenue dans un web « monopolisé »

Selon Appannie, qui est repris par Frenchweb, les applications les plus téléchargées, en France, en 2016, sont:

  • Facebook Messenger
  • Snapchat
  • Facebook
  • WhatsApp
  • Instagram

OK, admettons. Ce sont des applications sociales connues, efficaces, plébiscitées, qui créent de la valeur et des échanges. Rien à redire non? Tout est bien dans le meilleur des mondes possible.

Mais le diable est dans les détail. Parmi ces 5 applications, 4 appartiennent à Facebook. Seul Snapchat est indépendant, non affidé aux GAFA et consorts (pour combien de temps encore?).

Moi ca me choque. Facebook jouit d’un monopole de fait sur le Social. Google a le monopole du Mobile (via Android), de la Video (via YouTube), du Search, Amazon des produits, Apple des gens riches, Uber des taxis et des employés mal payés, etc …et tous sont des champions en optimisation fiscale.

Le « capitalisme californien » 2.0, celui qui se targue de nous libérer, de créer de la valeur, et nous simplifier la vie,  créé par les hippies et geeks soit disant sympa (mais libertarien en fait), produit de fait des monopoles tentaculaires qui ne redistribue pas beaucoup de valeur.

Or le monopole, c’est le contraire de la création de valeur dans le capitalisme. La confiscation des bénéfices. L’antithèse de la méritocratie. La rente honnis. La moindre efficacité, et à terme une moindre innovation. Le monopole de fait et partout, c’est l’apanage du totalitarisme, pas celui de la liberté d’entreprendre. Mais apparemment ca ne choque personne.Les nouveaux Rockfeller du web ne semblent pas inquiété par leur confiscation manifeste et systématique des bénéfices de l’économie numérique. C’est un problème.