It’s a bot world.

L’étude d’Incapsula, société spécialisée dans la sécurité sur Internet, intitulée le BOT TRAFFIC REPORT 2016  est riche d’enseignement. Elle montre l’envers du décor et fait ressortir l’omniprésence des robots, les « bots », inlassables programmes qui brassent, crawlent, structurent, aspirent, analysent le web, et en forme l’architecture même.

etude-trafic-internet-bot-trafic-internet-humain-good-bots-bad-bots-incapsula

L’étude met le doigt là où çà fait mal (mais ne le dit pas comme ca) :

  • Le trafic non humain (les robots) est plus important que le trafic humain; cad que les coût de structure sont énormes, pour maintenir et nourrir les services en activité, surtout depuis l’avènement du social et du mobile;
  • Le trafic en provenance de bots malvaillants, la fraude donc, est plus important que le trafic des bots serviciels, publicitaires ou sociaux, et donc que l’activité la plus lucrative du web, c’est la fraude.
  • Facebook et Google ont les bots les plus actifs, sans surprise, accaparant la croissance du secteur en maitrisant et les revenus et sa structure et en aspirants ses contenus. Tranquillement. Il n’y a apparemment pas de bot ayant une activité régulatrice.
  • L’absence d’acteur pour cleaner le web de la fraude est flagrante. Les robots ne combattent pas les robots apparemment.
  • Les gros sites web, ceux qui vendent leurs audiences, ou qui concentrent le trafic internet, sont infestés de bots malveillants, et clairement sont susceptibles d’amplifier la fraude s’ils ne s’y attaquent pas. Personne ne se préoccupe de la protection des données. Finalement, l’injonction unilatérale de Google d’imposer l’encryptage HTTPS à tous les sites est un moindre mal.

L’autogestion du web apparait alors comme une jungle propice à la fraude, qui crée des monopoles qui accaparent la valeur, freine l’innovation, ne paye pas d’impôt…  sans se soucier beaucoup des données des utilisateurs, et de leur environnement. Annonceurs, éditeurs, FAI, plateforme, media… ne font pas le boulot. La société Incapsula a de beaux jours devant elle 😉

 

 

 

Publicités

Fusion programmatique, SFR innove en TV, Nielsen corrige Facebook, une poupée connectée se fait déconnectée…. la revue de presse du Digital

La revue de presse sur le Digital marketing, avec une sélection d’articles forcément pas neutres.

Sur le programmatic francais déjà, ASQ et LPM, les 2 private exchange francais, vont fusionner. Tout va bien madame la marquise? Rien n’est moins sûr, même si les principaux intéressés disent le contraire. Le programmatique ne créant que peu de valeur finalement, accaparée par Google et Facebook, les éditeurs quittent le navire et reprennent le contrôle de leurs audiences, tandis que les annonceurs, qui veulent maitrise et transparence, ne veulent plus entendre parler du top250 NNR en blind à la sauce programmatique.

Sur la TV aussi, la contextualisation/personnalisation arrive en TV via les box et l’IPTV. Ils auront juste attendu 50ans pour faire évoluer le format. Comme quoi, il ne faut désespérer de rien. Mais c’est vrai qu’ils perdent de l’argent, et qu’ils vont se faire ratiboiser par Netflix et Facebook, comme le prédit cet article de businesss insider, très convaincant. Alors il faut résister. Et c’est SFR qui s’en charge, sur BFM. TF1 est vraiment mort.

Parlons des IOT maintenant. Il semblerait que les fabricants d’IOT ne nous veulent pas du bien. Même les jouets pour enfants sont là pour (peut être) nous espionner et influencer au berceau les futurs consommateurs (mais non voyons, promis juré). En tout cas, ce n’est pas passé du tout en Allemagne avec la poupée connectée « Mon amie Cayla » qui n’a pas fait preuve de son innocuité. Un précédent qui peut avoir des conséquences fâcheuses pour ce nouveau marché forcément promis à un futur radieux… du moins une fois que les « normes » et la protection de la vie privée seront jetés aux oubliettes.

Cette revue de presse ne serait pas complète si Facebook n’était pas cité une fois. Merci l’Australie. Et oui là bas, les chiffres des vidéos vues sur facebook ont dû être revu à la baisse de .. 94% par Nielsen. Après correction, il semble que personne ne regarde de vidéos sur Facebook en Australie. Sacrés Australiens, quels blagueurs. Facebook n’aurait pas truqué les chiffres quand même. Il est vrai que personne n’est jamais allé en prison pour avoir truqué/fraudé le marché de la publicité en ligne, pourquoi donc se gêner.

Merci, vous pouvez retourner optimiser vos campagnes, et stay above the fold 😉

 

P&G veut la transparence, les IOT sont un échec, Fuck les bannières… : la petite revue de presse 2.0

Revue de presse Digital du lundi :

P&G veut la transparence de la part de ses partenaires médias, et veut qu’ils appliquent tous une mesure de visibilité commune, celle du MRC, et s’attachent à diffuser des publicités réellement vues. Sinon, ca va chauffer….

Les IOT (les objets connectés pour faire court) sont en pleins marasmes. Un article de Challenges revient sur les raisons de l’échec des objets connectés. A méditer. D’autres s’en font aussi l’echo, et pointe un certain désenchantement car les usages ne sont pas là, et encore moins les consommateurs.

Une bonne nouvelle pour les investisseurs dans le Digital. AirBnB a réussi à faire du profit… Ca leur a pris 9 ans. Tout vient à qui sait attendre.

Je terminerai par l’article de fred Cavazza qui dit dit en substance « Fuck les bannières« , car l’adblocking continue de progresser, l’IAB France « Consumer First » révèle une augmentation de 20 % du taux d’adoption des adblocks sur le marché français depuis janvier 2016.

 

 

Que retenir des chiffres de l’obersavatoire de l’ePub SRI- UDECAM-PWC 2016?

Le 17eme observatoire de l’ePub SRI- UDECAM-PWC 2016 a jeté un gros froid. Et consacré la mainmise sur le marché publicitaire de Google et Facebook, en quasi situation de duopole.

L’article de Viuz à ce sujet résume assez bien la situation.

Un peu comme l’allégorie de la grenouille cuite à petit feu, les annonceurs et les agences se réveillent et ne peuvent que constater leur vulnérabilité. L’accoutumance à Google et Facebook nous a tous rendu dépendants, de leur systèmes, de leur technologie, de leur data, de leur espace média. Et le rythme effréné de rachats, d’innovations de la silicon valley, conjugué à la puissance de leur lobbying, rend toute tentative de les contrer difficile. On voit mal comment l’Udecam va pouvoir revenir en arrière sur cette situation, et empêcher que ne « s’établisse un nouveau duopole numérique.” qui existe de fait et capte l’essentiel des budgets digitaux de ceux qui le dénonce mollement.

Si tout n’est pas à jeter, voilà ce qu’on peut analyser d’autres dans ce rapport :

  • que certes, les investissements digitaux français sont plus élevés que les investissements TV, mais que l’essentiel des budgets est encore pour longtemps dépensé en TV, presse, affichage et radio.
  • que le display décroit, malgré la « (r)évolution » programmatique (>50% des achats display désormais). Une (r)évolution qui ne crée par de croissance en fait, puisque hors social et hors mobile, c’est la débandade. Le programmatique a plus procédé du grand remplacement de la distribution de la valeur du display, vers l’adtech, et non vers les annonceurs, je ne parle pas du consommateur, qui en est réduit à installé des adblockers.
  • que malgré tout, il reste un fossé entre investissements média et usages sur le mobile. Comme si après toutes ses années, les annonceurs n’avaient pas pris la mesure des nouveaux usages médias, et de la puissance du smartphone, pour ne privilégier qu’une expérience propre au desktop, et donc fatalement perdante.

et ce qu’on n’y voit pas et serait bon de mettre sur la table au lieu de pousser des cris d’orfraie et de résigner un OI sur facebook en même temps:

  • le place des chatbots et autres robots dans ces chiffres, avant qu’on ne découvre que ce sont des robots qui « discutent » et « voient » les pubs, et « achètent » en ligne.
  • pourquoi le social séduit à ce point les annonceurs alors que les scandales s’amoncellent au dessus de Facebook, dont les métrics sont soumis à question.
  • comment garantir une transparence, alors même que  Google n’est plus compatible avec la norme MRC, et que ca ne semble émouvoir personne
  • ce qui doit être fait pour tenir compte de la fronde des consommateurs face à la publicité
  • et enfin, comment se fait il que Facebook ou Google soient encore considéré comme des plateformes (comprenez hébergeurs de contenus) alors qu’ils sont des médias (et çà, çà changerai beaucoup de choses).

Bref, le digital est toujours à inventer et de nombreux défis sont à surmonter….

 

 

 

En vrac : Uber épinglé, Google discrédité, Facebook collapsé

Sélection d’articles forcément pas neutres (mais comme les algorithmes sont eux aussi orientés alors…)

Baisse drastique du partage sur Facebook. Vu sur Viuz. Au UK on parle d’une chute de 32% sur l’année selon digiday, suivie d’une baisse de 20% de Janvier à Mars 2016. Ca s’appelle le Context Collapse parait il. Donc sur Facebook l’organic reach est quasi nul, le partage faiblit et donc l’engagement aussi, le dark social se développe (en réponse à l’intrusion publicitaire permanente et au siphonnage des données perso?), les metrics fournit par FB sont faux, les chatbots postent des fakenews,… mais tout va bien, vu que les annonceurs continuent de penser qu’il suffit de dépenser pour ne plus y penser.

Google n’est plus accrédité MRC sur ces outils publicitaires. Lu sur Business Insider. Cela pose des questions quand mêmes quant à la mesure des impressions publicitaires de la part de l’acteur leader. A priori ce n’est pas résolu. Mais bizarrement ca n’a pas fait de remous… ah oui c’est vrai, une pub servie mais pas vue est quand même facturée à l’annonceur. C’est bon pour les profits.

Uber: 20 millions de dollars pour avoir surestimé les revenus des chauffeurs. Vu sur Frenchweb. Non seulement ils perdent de l’argent, mais en plus ils mentent à leurs employés chauffeurs. Ces gens n’ont pas d’éthique. Heureusement aux US, il suffit de payer pour que les poursuites soient abandonnées. Compte tenu de leurs pertes, 20 millions de plus ou de moins…

Les confessions d’un vétéran du digital sur les marges arrières du Programmatic buying. Lu sur Digiday. A savourer lentement. Comme quoi la loi Sapin a du bon, même si elle est imparfaite.

 

 

Bienvenue dans un web « monopolisé »

Selon Appannie, qui est repris par Frenchweb, les applications les plus téléchargées, en France, en 2016, sont:

  • Facebook Messenger
  • Snapchat
  • Facebook
  • WhatsApp
  • Instagram

OK, admettons. Ce sont des applications sociales connues, efficaces, plébiscitées, qui créent de la valeur et des échanges. Rien à redire non? Tout est bien dans le meilleur des mondes possible.

Mais le diable est dans les détail. Parmi ces 5 applications, 4 appartiennent à Facebook. Seul Snapchat est indépendant, non affidé aux GAFA et consorts (pour combien de temps encore?).

Moi ca me choque. Facebook jouit d’un monopole de fait sur le Social. Google a le monopole du Mobile (via Android), de la Video (via YouTube), du Search, Amazon des produits, Apple des gens riches, Uber des taxis et des employés mal payés, etc …et tous sont des champions en optimisation fiscale.

Le « capitalisme californien » 2.0, celui qui se targue de nous libérer, de créer de la valeur, et nous simplifier la vie,  créé par les hippies et geeks soit disant sympa (mais libertarien en fait), produit de fait des monopoles tentaculaires qui ne redistribue pas beaucoup de valeur.

Or le monopole, c’est le contraire de la création de valeur dans le capitalisme. La confiscation des bénéfices. L’antithèse de la méritocratie. La rente honnis. La moindre efficacité, et à terme une moindre innovation. Le monopole de fait et partout, c’est l’apanage du totalitarisme, pas celui de la liberté d’entreprendre. Mais apparemment ca ne choque personne.Les nouveaux Rockfeller du web ne semblent pas inquiété par leur confiscation manifeste et systématique des bénéfices de l’économie numérique. C’est un problème.

36% des internautes français sont équipés d’un adblocker.

D’après les dernier chiffres de l’IAB france sur les AdBlockers que je cite, publiés le 22 novembre,  le taux d’adblocking a encore progressé de 20%, passant de 30 à 36 % des internautes entre janvier et novembre.

On atteint 55 % pour les internautes de 16-24 ans !! Et 45% pour les 25-34 ans.

Seuls 9 % des internautes français affirment avoir totalement abandonné leur outil d’adblocking, chiffre en progression de 4 pts depuis mars.

Le taux d’équipement en France ne fait qu’augmenter, et les jeunes et jeunes actifs sont largement couverts. Ce qui est de mauvais augure à moyen terme. A la lecture de l’étude, on voit que les motivations à l’adoption d’un adbloker sont toujours les mêmes, et restent stables, preuve qu’il ne se passe pas grand chose côté de l’UDA et des éditeurs pour comprendre les internautes et changer les pratiques actuelles. C’est bien dommage.

Bizarrement les devices Mobile sont moins touchés. Ca ne devrait pas durer éternellement vu que les usages basculent sur Mobile et que es investissements publicitaires augmentent également sur ce support.